Nouvelle-Zelande

2018-10-20

On met les voiles

(St Arnaud-Kaiteriteri-Abel Tasman National park)


La saison de ski à Rainbow terminée, il est venu pour nous le temps de quitter le petit village de Saint Arnaud. Nous voilà repliant bagages et chargeant toutes nos affaires dans la Biomob. Nous nous étions bien faits au confort de l’Alpine Lodge et le retour en mode camping ne se faisait pas pressant. Le retour du printemps devrait cependant nous permettre de belles journées, de quoi regagner Auckland en restant au sec, du moins nous l’espérons. Moins d’un mois nous sépare de la fin de notre visa en Nouvelle-Zélande. Il nous reste désormais juste assez de temps pour regagner le nord du pays et dire au revoir à nos amis. Un dernier coup d’œil dans cette chambre qui fut la nôtre le temps d’une saison pour nous assurer de ne rien y laisser, si ce n’est quelques souvenirs.



Nos affaires chargées, la pression des pneus vérifiées et le plein fait, nous sommes prêts à reprendre la route quand prennent contact avec nous Anne-Line et Vincent. De retour à Saint Arnaud avec des amis pour quelques jours, ils nous proposent de les accompagner déjeuner au café/restaurant du village. Un lieu où ils ont travaillé et dont ils nous ont maintes fois vanté la qualité des plats. Difficile de refuser l’invitation.

Revoir nos amis de retour à Saint Arnaud nous fait vraiment du bien en cette date où tous nos collègues ont déserté. Petit break dans les larmes et les au revoir pour un moment de joie et de sourires. Au Clinker Cafe, nous nous offrons un petit plaisir en bonne compagnie et faisons la connaissance de Lucie et Logan, des amis de longue date de nos camarades. Les finances sont au vert après trois mois de dur travail, bien plus que suffisantes pour profiter de nos dernières semaines en Nouvelle-Zélande avant notre retour officiel en France. Alors on se fait plaisir, on profite de ces derniers instants à l’autre bout du monde avec nos amis.



Nos amis ne nous ont pas menti, les plats du Clinker Café semblent faire l’unanimité. Une fois encore le temps semble s’accélérer et le moment des retrouvailles mis de côté au profit de celui des au revoir. On se prend dans les bras, on se souhaite bonne route et à un de ces jours dans l’hexagone.



Cette fois-ci c’est pour de bon. Nous bouclons nos ceintures, traversons le petit village de Saint Arnaud jusqu’à sa sortie et laissons derrière nous le lac Rotoiti ainsi que trois mois de pur bonheur entourés par des gens merveilleux.



Traversant vallées, prairies et pâturages, nous quittons l’air de la montagne pour celui du bord de mer. Nous rejoignons la ville de Motueka pour une nuit au bord de plage. Finies les blanches cimes enneigées, bonjour l’étendue bleue et le sable doré. Le soleil brille et, de retour au niveau de la mer, on gagne en température. Le thermomètre affiche ici 18 °C. Difficile d’imaginer qu’hier encore, à une centaine de kilomètres, nous étions en train de skier.

Après une nuit passée à Motueka, nous reprenons la route au matin pour rejoindre Kaiteriteri. C’est ici que, pour nous remercier de la saison passée, Rainbow organise une journée spéciale pour ses employés. C’est depuis Kaiteriteri que, ce matin, nous embarquons sur un bateau pour rejoindre une plage du parc national d’Abel Tasman. Notre capitaine n’est autre que Mike, le conducteur de bus de la station ; et l’équipage, les derniers résistants de la saison hivernale. Quel plaisir de revoir une partie de notre équipe à nouveau réunie. Les conditions météorologiques ont changé, les tenues vestimentaires aussi. Au diable les combinaisons et les masques, bonjour lunettes de soleil et bermudas mais les sourires affichés sur nos visages restent les mêmes. Peu serein à l’idée d’embarquer sur le bateau, j’attends la dernière minute pour monter à bord.



Vient le moment fatidique, l’heure du départ. Les moteurs grondent et nous quittons la plage de Kaiteriteri pour une balade sur les eaux turquoise du parc Abel Tasman. À bord, les appareils photo sont de sortie commence alors un concours atypique : celui du moins photogénique possible.



Mike, qui est donc capitaine de cette embarcation pendant la saison d’été, joue le rôle de guide touristique. Il nous raconte les légendes des formations rocheuses que nous croisons, nous approche d’une colonie d’otaries, …



Soudain le discours de Mike est interrompu par un cri : « DAUPHINS ! ». Un de nos collègues vient en effet d’apercevoir des ailerons hors de l’eau. Notre capitaine nous approche de la zone et nous découvrons effectivement une famille de dauphins Hector en pleine partie de pêche. Nous les aurons finalement aperçu ces fameux dauphins de Nouvelle-Zélande. Une espèce en voie d’extinction qui ne vit qu’au large de ce pays. On estime leur population entre 50 et 70 individus, autant dire qu’il devient rare de les observer. La mauvaise lentille installée sur mon appareil, impossible de capturer un cliché, alors cette fois je range mon boitier pour profiter du spectacle à l’œil nu, que c’est beau !



Nous arrivons finalement sur l’une des plages du parc Abel Tasman. Nous y déchargeons le barbecue, les kayaks, des paddleboards sans oublier quelques cartons de bières à siroter sous un soleil de printemps.



Entre plage et promenade sur l’eau en kayak ou paddle, on profite de cette magnifique journée en compagnie de nos anciens collègues. Ça chahute, ça se pousse à l’eau, ça rigole, ça va se manquer. Bière à la main, on fait quelques selfies, nous faisons les dernières blagues.



À la fin de la journée nous remontons à bord de notre embarcation qui nous ramène à Kaiteriteri. C’est une nouvelle fois l’heure des adieux et des remerciements pour la saison qui vient de s’écouler. Au milieu des accolades, la question piège : « Et l’année prochaine ? ». Avec 15 000 km qui nous sépareront l’hiver prochain de Rainbow, difficile de confirmer que nous ferons partie des effectifs l’année prochaine mais tout autant que d’affirmer que non. L’opportunité nous reste cependant ouverte et le sponsor pour un éventuel visa travail proposé. C’est flatteur et émouvant à la fois. Nous remontons dans la Biomob en compagnie de deux passagers. Domenica et Peter profitent de notre départ pour rejoindre la ville de Nelson.



Derniers au revoir, dernières larmes, nos amis déposés, nous prenons la route en direction de Picton où, à l’aube, nous embarquerons dans le ferry direction l’île du Nord. Sentiments étranges mêlés de joie et de tristesse. Nous sommes en vacances, libérés de toute obligation mais nous laissons derrière nous l’une des plus belles expériences que l’on ait vécues durant ce voyage.

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