Vietnam

2016-07-23

Mai Chau

(Mai Chau)


Mai Chau est un « petit » village situé dans la région de Hoa Binh. Logé au cœur d’une vallée verdoyante, les locaux y cultivent le riz. A seulement 139 km de la capitale et entouré par les montagnes, le village est l’une des destinations phares des touristes qui passent par Hanoï. Il se trouve sur notre route alors pourquoi ne pas s’y arrêter pour jeter un coup d’œil ?

Nous quittons la région de Mu Cang Chai et nous arrêtons petit-déjeuner. Nous sommes hors des zones touristiques et notre arrivée dans le petit village est remarquée. Alors que nous peinons à mettre Blacky sur béquille en raison du sol bosselé, le propriétaire du petit commerce vient à notre rescousse à l’aide une bûche de bois qu’il dispose sur le côté de la moto pour la retenir. Pas de moqueries, un sourire de bienvenue voila qui ne se fait pas courant ici. Sa femme arrive avec leur dernier enfant aussi souriante que son mari et nous offre le thé. Un petit moment de plaisir gratuit et chaleureux pour commencer la journée.



Sur notre route nous croisons une boutique de téléphone mobile. A l’intérieur, des gens en costumes à l’effigie de l’enseigne, une superbe vitrine, cela met en confiance. Nous n’avons plus de téléphone, nous nous arrêtons pour jeter un coup d’œil. Les prix sont similaires à ceux que l’on trouve en France mais nous sommes au Vietnam alors on tente une négociation. A notre grande surprise, l’employée nous fait un rabais. Nous avons besoin d’un GPS correct et d’un semblant d’appareil photo : nous craquons. Un modèle d’une grande marque non commercialisé en France, la classe ! Les employés n’ayant pas l’habitude de voir des occidentaux dans leur boutique sortent l’appareil photo et nous voila posant avec toute l’équipe du magasin.

Les kilomètres défilent sans encombres et nous arrivons à Ha Luong. C’est une centaine de kilomètres seulement qui nous séparent de Mae Chau. Nous espérons arriver avant la nuit. Pour gagner du temps nous décidons de prendre la route la plus courte. Nous arrivons dans une prairie verdoyante. Dans les rizières, les femmes sont au travail.



Alors que nous roulons à bonne allure, notre route est coupée par une rivière. Nous pensions trouver un pont mais nous voilà sur le quai d’un traversier. Nous n’avons d’autre choix que d’attendre le prochain bateau. Nous n’avons pas croisé de nha ghni ni de distributeurs depuis bien longtemps et le soleil a amorcé son coucher. Le bateau arrive et nous embarquons pour une traversée sur la rivière noire.



Arrivés sur l’autre rive, l’inquiétude nous gagne. La prochaine ville est à 50 km, les feux de Blacky ne fonctionnent plus et nous n’avons que peu d’argent en poche. Nous tentons la carte de l’hospitalité : Julie demande à une passante si elle peut nous offrir un toit pour la nuit. La réponse est négative et nous reprenons la route jusqu’au premier garage moto pour faire réparer les feux de notre compagne. L’homme profitant de la situation nous annonce un prix extravagant pour changer une ampoule et refuse toutes négociations. Cette fois nous n’avons plus un sous en poche. Avec un semblant d’éclairage nous avançons sur une petite route de montagne. C’est à croire que nous sommes maudits, les routes ont été de bonnes qualités toute la journée mais celle sur laquelle nous nous trouvons est chaotique. Nous tentons de suivre les quelques véhicules circulant devant nous pour profiter de leur éclairage et arrivons après une bonne frayeur à Doàn Kêt, en vie.

Nous trouvons enfin un distributeur de billets et je m’empresse d’y insérer ma carte qui se fait avaler par l’appareil. La loi de Murphy tend à s’appliquer, la pluie se met même à tomber. A l’aide d’une autre carte nous réussissons à obtenir un peu d’argent pour nous payer une nuit dans un nha ghni.

Petit lot de consolation je dispose d'un nouveau jouet. Je démarre mon nouveau téléphone et me rend compte qu'il m'est impossible de le mettre en français. Le modèle n'étant pas vendu en Europe, impossible de trouver un package me permettant de le mettre dans ma langue natale. Il est temps de se coucher pour mettre fin à cette journée.

Au petit matin nous arrivons à obtenir de l’aide de notre hôte qui appelle la banque pour nous. Nous rejoignons le distributeur de billets qui a avalé ma carte et attendons impatiemment l’agent qui est censé nous y rejoindre. Une femme arrive en scooter. A la vue de son chargement nous comprenons qu’elle a fait un petit détour par le marché avant de nous rejoindre. Après un contrôle d’identité, elle sort ma CB de l’appareil et me la rend. Ouf, finalement ça se termine bien !

Carte bleue en poche, nous sommes prêts pour les 80 km qui nous séparent de Mae Chau. La route neuve est surement l’une des plus belles que nous ayons parcourues. Devant nous, trois motos avancent à bonne cadence. Celle en tête indique aux suivantes les dangers potentiels à venir. Nous profitons de ces indications en nous greffant au petit groupe qui ne tarde pas à remarquer notre présence. Nous nous arrêtons pour faire une vidange sur Blacky. Les trois autres motards en profitent pour s’arrêter aussi et se présentent à nous. Il s’agit de jeunes Vietnamiens qui sont partis à la découverte de la région pour le week-end. Ils nous proposent de les suivre. Bien que très tentés par l’offre, nous la déclinons. Le garage dans lequel nous venons de nous arrêter semble cette fois correct et nous souhaitons profiter de cette rare occasion pour faire quelques réparations sur Blacky. Ces jeunes gens bien sympathiques reprennent donc leur route sans nous.



Nous arrivons enfin à Mai Chau. Alors que nous traversons la ville qui n’a rien d’exceptionnel, une moto derrière nous nous klaxonne et nous fait signe de nous arrêter. Pensant avoir un problème avec Blacky, nous stoppons notre course. L’homme est en fait rabatteur pour une guesthouse. Le prix qu’il nous propose est certes élevé mais comprend le petit-déjeuner et le dîner. Nous décidons de le suivre pour jeter un œil à l’établissement et il nous conduit au village touristique ou plutôt au cœur d’un amas de guesthouse. C’est donc ça, Mai chau. Après une négociation du prix à 300 000 VND nous acceptons de séjourner ici. Notre dortoir nous rappelle les photos aperçues précédemment sur les blogs d’autres touristes qui parlaient de nuit chez l’habitant. En payant un peu plus je suis sûr qu’on peut même mettre des plumes sur les couvre-chefs des propriétaires pour appeler cela : nuit chez le chef du village.

Nous partons avec Blacky en exploration. Aucune comparaison possible avec les villages authentiques que nous avons déjà croisés. Le paysage n’a rien d’époustouflant. Dans la globalité, tout cela ressemble à une vaste supercherie qui n’attire les touristes que par sa proximité avec Hanoï.



Nous rentrons en direction de notre guesthouse quand une moto nous klaxonne de nouveau. Il s’agit de notre rabatteur du début de journée. Cette fois il a détecté un problème sur notre moto et nous propose de nous conduire chez un garagiste. Blacky sort tout juste d’une révision nous prenons donc ces : « very dangerous », avec sourire. De retour à la guesthouse, il nous a suivi. Dans la cour, un guide a transporté des touristes jusqu’ici pour venir manger « chez l’habitant ». Les deux hommes, de mèche, insistent sur les réparations fictives de Blacky. Cela devient agaçant. Nous finissons par leur faire comprendre que notre moto n’ira nulle part.

Après un dîner de piètre qualité et un petit-déjeuner guère mieux, nous quittons Mae chau en se disant que les nuits dans les villages typiques chez l’habitant ne sont peut être pas faites pour nous.

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