Vietnam

2016-07-20

C'est Sa Pa !

(Sa pa-Les rizières de Sa Pa)


Nous quittons Babe de bonne heure avec pour nouvel objectif celui de rejoindre Sa pa. Cette ville du Nord-Ouest du Vietnam se situe à 1500 mètres d’altitude. Autrefois un lieu reculé, la ville Sa pa est aujourd’hui devenue très touristique et connue pour ses nombreuses rizières en cascade.

329 km nous séparent de notre destination. La distance étant importante nous souhaitons aller au plus court. Notre GPS n’est pas d’une grande aide. Les routes qu’il nous indique ne semblent pas exister. Cela fait maintenant 3h que nous tournons autour du lac de Babe sans arriver à quitter la réserve naturelle. C’est à en devenir fou. Toutes les routes que nous empruntons nous ramènent sans cesse au même point.

Nous finissons par abandonner notre idée de trajet et prenons la direction des montagnes du Nord. Nous espérons ainsi nous éloigner de Babe et trouver un nouveau chemin.

La route est en bon état mais ne cesse de grimper. Blacky a du mal à encaisser et peine à gravir les montagnes qui nous emmènent toujours plus haut. Malgré cela les paysages sont magnifiques, on en vient à ne pas regretter notre choix.



Deuxième jour de moto et nous ne sommes toujours pas au bout de notre périple. Notre détour par le Nord a grandement allongé la distance. Quant aux routes il s’agit tout bonnement de chemins de terre parsemés de trous et de bosses. Les villages que nous passons sont authentiques et pleins de charme.



Les routes se font de plus en plus mauvaises. Nous roulons dans la boue, les graviers et la terre en continu. Une flaque énorme se dresse devant nous et je n’ose passer au milieu ne sachant ce qu’elle peu dissimuler. Je décide de la contourner, le terrain boueux s’affaisse et Blacky glisse. Nous voilà tous les deux dans la flaque. Julie qui avait son téléphone à la main l’a laissé échapper et nous sommes dans l’incapacité de le retrouver dans cette eau boueuse. Les mains dans la profonde flaque nous cherchons tant bien que mal l’appareil que nous finissons par retrouver après de longues minutes. Miraculeusement, il semble encore fonctionner. Nous sommes recouverts de boue. Nos sacs sont eux aussi tombés dans l’eau. Toutes nos affaires sont trempées et marron. Nous regagnons la ville la plus proche pour nous arrêter et nous nettoyer.

Au nha gnhi où nous nous sommes arrêtés les propriétaires s’amusent de nous voir arriver pleins de boue. Nous demandons à pouvoir laver notre linge. La patronne de l’établissement nous indique une bassine et un robinet devant la maison. A grandes eaux nous essayons d’enlever la boue de nos vêtements et sacs. Très vite, nous semblons déranger, nos affaires boueuses salissent le ciment sur lequel on nous a placés et l’ambiance devient tendue. La patronne nous indique un endroit où étendre notre linge. Nous nous y rendons et tombons sur une machine à laver. Cela l’amusait de nous voir peiner avec nos vêtements mais nous nous sentons tout à coup bien moins coupables d’avoir sali son entrée voire même satisfaits par cette vengeance non préméditée.

Troisième jour, la montagne fait sa réapparition. Une nouvelle épreuve pour Blacky qui décide d’abandonner la course. Nous voilà arrêtés en pleine montagne avec notre moto qui refuse de démarrer.



Julie part chercher de l’aide dans un village que nous apercevons au loin tandis que je patiente avec Blacky qu’il est Impossible de pousser dans cette côte. Julie revient avec un homme sur sa moto. L’homme tente de nous dépanner mais, tout comme nous, ne trouve pas l’origine de la panne. Il nous tend son téléphone sur lequel il a traduit du vietnamien en français. Une phrase qui, traduite, n’a aucun sens « moi voiture fil dentaire chercher fille ». Voilà qui ne nous aide guère. L’homme s’en va nous laissant désemparés, surement part-il chercher sa fille chez le dentiste.



A deux nous nous mettons à pousser Blacky espérant arriver à l’emmener jusqu’au prochain village. L’homme revient avec sa moto et le sourire. Il n’est pas allé chez le dentiste mais chez lui, récupérer une cordelette. Il attache l’une des extrémités de sa corde à sa moto et l’autre à la fourche de la nôtre. Julie panique et refuse tout bonnement que Blacky soit tractée de la sorte avec moi dessus. Les choix qui s’offrent à nous ne sont pas nombreux. Rares sont les véhicules à passer par ici et le garage le plus proche est à 5 km. L’homme me tracte jusqu’en haut de la côte. Sa moto fume, j’ai du mal à garder l’équilibre à cause des à-coups provoqués par la corde qui se tend et se détend et de la faible vitesse à laquelle nous roulons. Arrivés au sommet, nous détachons Blacky qu’il me reste cette fois à faire descendre sans moteur sur 3 km.

Julie nous rejoint chez le garagiste en moto-stop. Blacky se fait opérer et démonter une nouvelle fois. Le filtre à essence est complètement déchiré. Des impuretés se sont glissées dans le cylindre, l’abimant et stoppant le piston. 800 000 VND voilà ce qu’il nous coute pour remettre en fonctionnement notre moto. Après de longues heures perdues, nous reprenons la route sans espoir de gagner Sa Pa ce jour. Nous poussons cependant au plus loin et arrivons à rejoindre Lao Cai a seulement 40 km de notre destination.

Les prix des nha gnhi sont ici très élevés. Nous trouvons une chambre pour 250 000 VND après de longues recherches. Celui-ci se trouve à proximité d’un magasin de multimédia, aubaine pour nous qui recherchons à faire l’acquisition d’un nouvel appareil photo. Nous nous rendons sur place et entrons dans l’immense boutique. Au guichet, la femme non chaleureuse que l’on vient de déranger pendant son film, soupire. Nous lui demandons à voir un appareil qui nous plait en vitrine mais elle nous répond que le magasin est fermé. Nous quittons les lieux pour nous rassasier dans un restaurant.

A la fin de notre repas la boutique de multimédia est toujours allumée. Nous avons comme le pressentiment de s’être fait sortir de la boutique sous un mauvais prétexte. Nous décidons d’aller voir de plus près. La boutique est toujours ouverte. A l’intérieur, deux vendeuses pianotent sur leurs téléphones. Nous rentrons et redemandons à voir l’appareil photo que nous souhaitons peut-être acheter. La vendeuse, dépitée de notre retour, nous ouvre la vitrine. L’appareil ne dispose pas de batterie et nous quittons de nouveau les lieux.

Après une nuit de réflexion et de prise de renseignements de l’appareil photo vu dans la boutique la veille, nous décidons de nous y rendre à nouveau pour obtenir plus d’informations. Comme dans la plupart des magasins d’appareil photo au Vietnam, ils ne disposent pas de stock. L’appareil en vente est donc le modèle d’exposition et nous refusons d’acheter celui-ci.



Nous regagnons Sa Pa en seulement 1 h. Nous nous arrêtons devant une auberge de jeunesse pour demander les prix. C’est plus cher qu’un des logements trouvé la veille sur booking.com et nous cherchons donc à regagner l’établissement en question. Un homme nous arrête et prétend être le propriétaire de l’auberge que nous avons trouvée sur internet. Il nous demande de le suivre jusqu’à son hôtel.

Arrivés sur place, ce n’est pas la même enseigne et bien entendu les tarifs sont plus élevés. Nous refusons donc de loger ici. L’homme s’énerve et se met à grogner en vietnamien. A son ton, on comprend bien que ces mots sont loin d’être respectueux.

Nous arrivons à l’hôtel Asiana. Les tarifs affichés au guichet sont bien au-dessus de ce que l’on a pu trouver sur internet. Nous en faisons part à la propriétaire qui se met à rire nerveusement. Elle accepte de nous faire le même prix ayant peur de nous voir réserver sur le site internet.

Nos affaires déposées nous pouvons partir à la découverte de la ville. Nous déambulons dans un petit marché de rue qui conduit jusqu’à un parc offrant des points de vue sur la ville. L’entrée est payante et nous rebroussons chemin. Sur une affiche publicitaire, un marchand a disposé deux scalpes empaillés d’animaux qu’il vend surement sans avoir conscience du sens des mots inscrits sur l’étiquette.



Nous rejoignons l’église de pierre de Sa Pa qui malheureusement pour nous est fermée. Epuisés par le périple qui nous a conduits jusqu’ici nous décidons de nous asseoir sur les marches du parvis. Une jeune femme Hmong nous accoste. Elle a notre âge mais en fait 10 de plus. Elle est plutôt amusante mais on ne comprend pas trop ce qu’elle veut. Elle nous suit dans toute la ville sans jamais rentrer dans les boutiques où les commerçants la regardent d’un mauvais œil. Pourtant, à chaque sortie, elle nous attend. La situation amusante au début devient vite oppressante. Nous tentons de lui expliquer que nous rentrons faire une sieste mais elle continue de nous suivre. Nous enchainons les entrées dans les magasins et réussissons finalement à la semer.

Les Hmong sont une ethnie que l’on peut trouver au Vietnam. Ancien peuple vivant en autarcie dans les montagnes, le Hmong ne disposent pas de la nationalité vietnamienne. Ayant travaillé pour les Français et les Américains pendant les guerres d’Indochine, ils ont très longtemps été traqués et exterminés. Aujourd’hui encore ils sont exclus et rejetés (voire pire) par la population qui s’est pourtant approprié leurs terres. Ils sont nombreux à Sa Pa qui est une ancienne ville coloniale française située dans les montagnes.

Ce matin, il pleut. Nous ne nous décourageons pas pour autant et décidons de partir randonner à travers les rizières. Ici il est coutume de prendre un guide. A en croire les gens, il est impossible de faire autrement. C’est pourtant seuls que nous partons en direction du village de Ta Van. On était prévenus, l’accès aux villages est payant et nous ne tardons pas à être stoppés par une barrière afin de s’acquitter d’un droit d’entrée. Nous déposons Blacky et descendons dans la vallée à pied.



Sur notre route, les boutiques de confection Hmong se succèdent : des vêtements aux couleurs et tissus magnifiques. Nous nous laissons tenter par quelques essayages. Et me voilà bientôt transformé en Philippe le gourou.



Nous croisons tous les occidentaux accompagnés de leur guide, pourtant à chaque coin de rue, des panneaux fléchés indiquent la direction des différents villages. Jamais nous n’avons été aussi bien dirigés au Vietnam. Les indications se font plus claires que sur la route elle-même et notre choix de ne pas prendre de guide s’avère judicieux.

La pluie s’est arrêtée et nous traversons les charmants petits villages paisiblement.



Les Hmong sont partout. Guettant notre passage dans l’espoir de pouvoir nous vendre quelque chose.



Nous regagnons Blacky au sommet de la montagne où nous l’avions laissée. La pluie a certes cessé mais nous sommes à 1500 m d’altitude et la brume continue de voiler le paysage de la vallée.



Nous remontons à moto sur des routes toujours aussi chaotiques afin de rejoindre la cascade que nous avons trouvée grâce à Mapsme.



Nous redescendons dans la vallée sous un superbe soleil. Une Hmong nous aperçoit et vient nous parler. Impossible de l’esquiver. La femme souriante se met à nous suivre. Nous croisons une deuxième Hmong qui décide de s’inviter à la fête, nous voilà à 4 sur le petit chemin. Elles nous suivent déjà depuis 30 minutes lorsque nous décidons de nous arrêter dans un petit bar pour nous hydrater. Les deux femmes ne pouvant y entrer se mettent à sortir de leur barda des dizaines d’accessoires faits main pour nous les vendre. Nous refusons et entrons dans le bar. A notre sortie, elles sont toujours là et reprennent leur marche avec nous. Nous tentons par tous les moyens de les semer mais elles s’accrochent.



Nous arrivons à la cascade qui n’a rien d’exceptionnel nous décidons de nous poser quelques instants avant de rebrousser chemin, erreur. Les deux femmes sortent tout leur attirail et ne nous lâchent plus. La situation amusante au début devient usante. Nous refusons tout ce qu’elles nous proposent mais elles ne cessent d’insister. Tans pis pour la pause. Nous entamons notre retour avec les deux femmes qui continuent de nous suivre et de nous proposer leurs marchandises. A l’usure, elles finissent par nous avoir. Afin qu’elles nous laissent enfin tranquilles nous finissons par céder et acheter un bandeau à l’une d’entre elles.

La journée s’achève et c’est les jambes lourdes que nous regagnons notre hôtel. Demain nous partons pour Mu Cang Chai. Quelles aventures nous attendent encore ?

Commentaires : 2

Witchs

05/08/2016

c'est trop cool de vous suivre..... profitez... et bon courage pour les coups durs... bizzzz

Jean*Paul d'ANGOULEM

30/06/2018

Oui le VIETNAM est un TRES BEAU pays avec des gens FORMIDABLES et accueillants : la preuve j'ai épousé une jeune vietnamienne (26 ans de moins que moi.....) et nous sommes TRES HEUREUX; nOUS ALLONS y passer 13 jours du 5/07/2018 au 18/07/2018. MEILLEURES AMITIES D'un ami qui ne t'a pas oublié PHILIPPE....

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