Vietnam

2016-07-12

Halong Bay

(Halong-Catba island-Parc national de Catba-Monkey island)


Nous avons pour objectif de traverser le Vietnam du nord au sud mais impossible de quitter Hanoï sans un passage dans un des plus beaux sites naturels du monde : la baie d’Halong.

Nous avons au préalable remanié l’agencement de nos sacs de façon à optimiser l’espace qu’ils prendront sur la moto. Malgré cela le paquetage reste volumineux. C’est donc avec peu d’espace sur le siège pour Julie et moi que nous prenons la route, direction l’est. Nous souhaitons éviter au maximum les gros axes qui nous paraissent dangereux. À la sortie d’Hanoï, nous atteignons un passage à niveau. La fermeture des barrières n’étant pas automatique c’est le personnel qui s’en charge. Pourtant les véhicules forcent le passage. Motos et voitures tentent une percée empêchant la fermeture des barrières. Le personnel ferroviaire ne semble pas surpris et continue dans sa lancée. Nous sommes sidérés par la scène. Tant bien que mal la voie finit par être fermée. Fort heureusement l’abaissement des barrières est ici très anticipé en prévision de la difficulté à arrêter les véhicules.

Le train passe et nous reprenons notre route au milieu de ce flot de deux roues, évitant les véhicules roulant à contresens, ceux décidant de tourner inopinément ou s’engageant sur la voie rapide sans contrôle au préalable. Nous sommes sur une voie rapide mais les enfants jouent sur le bord de la route, des femmes discutent au milieu de la chaussée accoudées au rail de sécurité séparant les deux voies. Notre première balade n’était donc qu’un avant goût.

Nous trouvons sur le GPS une petite route parallèle à la voie rapide que nous utilisons depuis notre départ. Nous l’empruntons dans l’espoir de quitter cette dense circulation et de découvrir de beaux paysages. Très vite la route devient un vrai terrain de cross. Des trous, des pierres, des bosses, c’est impraticable. Pourtant il s’agit bien d’une route et nombreuses sont les motos qui nous doublent.



Nous arrivons dans un petit village et y faisons une pause pour déjeuner et nous remettre de nos émotions. Les gens sont surpris de nous voir ici. Un groupe de jeunes tentent de parler avec nous et nous offrent une bière. Impossible de nous comprendre mutuellement, le traducteur que nous utilisons semble inefficace. C’est assez drôle mais légèrement agaçant de ne pouvoir échanger avec ces gens. Nous quittons le lieu après un bon repas et reprenons notre longue route.



Nous rejoignons la voie rapide qui, tout compte fait, semble la meilleure alternative et la moins dangereuse. Après 6 heures de route et 165 km d’aventure nous arrivons à Halong. Nous avons croisé de magnifiques paysages faits de formations karstiques qui nous ont donné un avant goût de ce qui nous attend dans la baie. Mais, arrivés à Halong, nous constatons qu’il ne s’agit que d’une simple ville.



Après une bonne nuit de sommeil nous rechargeons nos affaires sur le dos de Blacky. Nous souhaitons rejoindre l’île de Cat Ba. La plus grande île de la baie d’Halong et donc celle susceptible de nous permettre plus d’activités. Nous nous rendons sur le port pour rejoindre le ferry. Nous arrivons dans un grand hall où des centaines de personnes énervées se bousculent. Nous tentons de nous insérer dans la queue qui ne cesse de s’agrandir. Les gens ont tous en main des billets préalablement achetés et cela commence à nous alarmer. Nous demandons à une employée s’il est possible d’acheter des billets et sa réponse est négative. Voilà qui devient ennuyeux. Quelque chose autour de nous me parait tout de même étrange. Le lieu fait très huppé, tout comme les gens présents ici, quant aux véhicules nous n’en apercevons aucun. Etrange pour un ferry. Nous retournons voir la personne qui nous confirme que nous sommes sur un lieu d’embarcation de croisière. Le ferry pour Cat Ba ne part plus d’ici mais d’un autre port, bien plus loin. Nous reprenons la route en direction du port que l’on nous a indiqué. Nous arrivons sur les lieux mais impossible de trouver la zone de départ des ferrys. Nous nous arrêtons pour demander notre chemin, nous tombons sur des gens de Hanoi qui parlent anglais et nous aident à demander aux locaux. L’information que l’on nous a donnée est erronée et le ferry se trouve à l’opposé de là où nous nous trouvons. Nous retraversons toute la ville pour rejoindre un nouveau port. Cette fois nous y sommes, après plus de 2h, nous l’avons enfin trouvé ce ferry.

La voilà notre croisière, tranquillement installés sur notre bateau nous traversons la magnifique baie d’Halong. Des Français en vacances que nous avons rencontrés sur le port nous racontent leur voyage dans le nord du Vietnam. Ils nous parlent des lieux qu’ils ont traversé et nous font envie.



Nous arrivons enfin à Cat Ba. L’embrayage de Blacky nous a lâché et j’ai de grandes difficultés à passer les vitesses. Le paysage montagneux de l’île est exceptionnel mais c’est avec peine que nous franchissons ces reliefs. Arrivant sur la ville nous croisons un mécanicien et nous nous y arrêtons pour faire réparer notre copine. L’homme répare l’embrayage mais regarde d’un drôle d’œil notre moto. J’essaye de comprendre la raison de ce regard et il m’explique que la boite de vitesse montée sur celle-ci n’est pas la bonne. Elle provient d’une autre moto moins puissante et il pense que cela peut être problématique. Nous venons tout juste de commencer notre périple et ça nous inquiète. Nous lui demandons s’il est en mesure de changer cette boite de vitesse. L’homme nous répond que oui et nous propose de le faire pour 20€. Une somme qui peut paraitre dérisoire mais qui représente une véritable fortune au Vietnam. Voilà qui n’arrange pas notre portefeuille mais qui peut nous épargner des problèmes dans l’avenir. Nous acceptons et le mécanicien nous demande alors de lui déposer la moto le lendemain matin. Nous regagnons la ville et notre auberge qui a vue sur la mer.

Ce matin nous nous levons de bonne heure afin de déposer Blacky au garage. Celui-ci se trouve assez loin de la ville et c’est en moto-stop que nous regagnons le centre. Notre auberge propose des locations de kayaks à 12€ la journée, ce prix nous parait excessif. Nous sommes désormais à pied mais cela ne nous arrête pas. Nous nous dirigeons en direction du port où nous espérons trouver un meilleur prix.



Arrivés au port, nous trouvons des pêcheurs qui se sont lancés dans une activité annexe, la location de kayaks. 4€ la demi-journée, ça valait bien une demi-heure de marche. Nous voilà sur notre kayak rouge au beau milieu de la baie d’Halong munis de nos chapeaux de paille empruntés aux pêcheurs. Autour de nous se dressent les formations karstiques émergeant de l’eau tels des icebergs de roche sur la baie. Seuls au monde dans ce paysage de rêve, quel bonheur de pagayer dans ces conditions.



Nous marquons une halte sur une petite île de la baie du nom de Monkey Island. Une île qui, comme son nom l’indique, est peuplée par des singes. Nous arrivons sur une magnifique plage déserte. Le cadre est idyllique, nos yeux n’en reviennent pas.




Un départ de randonnée dans la jungle de l’île se fait depuis ce point. Nous ne sommes pas réellement dans une tenue permettant ce genre de marche mais l’envie d’apercevoir des singes nous pousse à nous engager sur le sentier à peine dessiné. La chaleur est difficilement supportable, les moustiques nombreux et la marche s’apparente plus à de l’escalade. Aucun singe à l’horizon. Sans bruit nous avançons au milieu des arbres, guettant le moindre frémissement. Le temps passe mais toujours aucun singe. Nous décidons de rebrousser chemin avec, il faut l’avouer, un brin de déception.

A notre retour sur la plage, les choses ont changé. Des bateaux chargés de touristes débarquent sur l’île. Nous nous dirigeons en direction de notre kayak pour fuir cet afflux quand nous apercevons un singe sur la plage , puis un second, puis un troisième. Attirés par la nourriture que transportent les touristes, les singes sont sortis de leur forêt pour chaparder de quoi se rassasier.




L’un d’entre eux n’est pas venu pour manger. Sa place favorite, la poubelle du bar de la plage. Il fouille dans la benne et sort toutes les canettes de bière qu’il trouve. Prenant soin de choisir des canettes remplies, il se met à consommer tout ce qui lui passe par la main, Heinekein, la bière locale : Bia Hoi, etc. Malin comme un singe.



Nous reprenons notre kayak et rejoignons cette fois un village de pêcheur flottant. Il ne s’agit pas d’un village touristique et bien entendu à cette heure de la journée, en plein après-midi, il est déserté. Nous décidons donc de rejoindre une roche dans laquelle nous avons aperçu un passage donnant sur une crique. Avec inquiétude nous nous engouffrons dans la brèche, poussés par le courant, qui nous propulse de l’autre côté.



Est-ce un rêve ? Nous voici dans une merveilleuse crique entourée par la roche sur une petite plage déserte. Pas une âme qui vive ici, de véritables robinsons dans un décor paradisiaque.



Il est temps pour nous de regagner le port et de rendre le kayak. Le chemin du retour se fait plus difficile. Ça tire sur les bras qui commencent à fatiguer. Quelle journée magnifique !

Au programme aujourd’hui récupérer Blacky pour nous rendre au parc national de Cat Ba. Après une heure de marche nous arrivons chez le garagiste auprès de qui nous avons déposé notre moto la veille. Elle n’est pas prête, le mécanicien nous demande de revenir ce soir. Nous avons besoin d’un véhicule pour nous rendre au parc national, l’homme nous prête donc un scooter.

Nous rejoignons le parc pour une marche de 2 heures à travers la réserve. Aujourd’hui encore il fait très chaud. Nous suons à grosses gouttes sur ce chemin qui grimpe jusqu’au sommet d’une colline. Les bruits de la forêt sont étranges. Autour de nous, des sons semblables à ceux de tronçonneuses produits par un petit insecte.



Tant bien que mal nous parvenons au sommet de la colline qui nous offre un fabuleux point de vue sur la réserve naturelle de 280 km2.



Nous regagnons une nouvelle fois le garage pour récupérer Blacky. Elle n’est toujours pas prête. La situation commence à nous inquiéter mais l’homme nous assure qu’elle sera opérationnelle demain matin.

A côté du garage, un barbier rase à même la rue. Nous l’observons à chaque passage chez le garagiste mais cette fois je me lance. Un rasage pour 1€50 ça ne se refuse pas ! L’homme m’installe dans son fauteuil qu’il allonge et passe la lame sur mon visage. Quel choc de revoir mon visage dépourvu de poils !



Pendant que Julie se repose, je décide d’aller jeter un coup d’œil à l’une des plages de l’île. Je rejoins la plage Cat Co et tombe sur un désastre écologique. La plage ressemble à une déchetterie à ciel ouvert. Les détritus jonchent le sable tandis que les vagues transportent par leur va-et-vient les ordures qui flottent à sa surface. Une vision dramatique que je quitte au plus vite. Sur l’un des flans de la roche qui abritent la plage, j’aperçois un sentier. Je décide de le suivre espérant trouver un endroit plus agréable.



Le sentier longeant le flan de mer m’amène à une seconde plage. La vue y est magnifique et la plage propre. La raison est simple, c’est une plage touristique fréquentée par les occidentaux. Autour il n’y a que des hôtels luxueux et des bars hors de prix. S’asseoir dans le sable pour contempler la baie voilà qui en revanche ne coute rien.

Commentaires : 4

Youyou

12/07/2016

Bravo... la morale est elle : sans Julie la vie est plus belle??

Anne

13/07/2016

C'est Génial de vous lire les amis ! J'espère que tout roule je regarde plus les images mais en tout cas c'est top de vous être retrouvés pour ce voyage ????????! J'ai envie de repartir !!!! Biz de Lyon

Jean Paul

14/07/2016

les descriptions que tu as fait sur le VIETNAM sont très bien et REELLES.......J adore ce pays.......AMITIES

phil

26/08/2016

ah cette outue moto ! ah les criques creek enchanteuses ou enchanteresses ! que de plaisirs en sandwich dans des tracas pas le temps de s'ennuyer une minute n'est-ce pas ? j'ai envie !

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