Vietnam

2016-07-08

We need a motobike

(Hanoï-Vieille ville-Lac Hoan Kiem)


Nous quittons Hong-Kong et pour la première fois depuis le début de mon voyage, je vais prendre un avion. Premier échec de mon objectif de ne pas quitter la voie terrestre. Impossible de repasser par la Chine sans faire l’acquisition d’un nouveau visa chinois. La vie dans cette jolie baie de Hong-Kong est chère et il est préférable pour ne pas y laisser des plumes de la quitter sous peu.

Athéna nous accompagne jusqu’au bus qui nous conduit à l’aéroport international de Hong-Kong. Un aéroport à la hauteur de la ville : démesuré. Nous embarquons dans notre petit avion pour 2h de vol en direction d’Hanoï, capitale du Vietnam.

Nous arrivons sur le sol vietnamien en début d’après-midi. A la sortie de l’aéroport, aucune indication pour les bus. Les taxis sont à l’affut et nous attendent. Hors budget pour nous, nous marchons le long de l’aéroport sans trop savoir vers où se diriger. Le chauffeur d’un minibus nous propose de nous transporter vers le centre-ville pour 100 000 dongs soit 4 euros par personne. Cela reste cher mais il nous semble n’avoir guère le choix. Nous nous installons à l’intérieur du minibus et faisons la rencontre de deux jeunes Françaises elles aussi en voyage de longue durée. Elles arrivent de Chine et nous échangeons à propos de nos différentes expériences dans ce magnifique pays. Le bus ne démarre pas, le chauffeur à l’extérieur guette les voyageurs qui sortent de l’aéroport pour combler son bus. Le flux de personnes sortant du hall se fait quasiment nul mais il continue d’attendre. L’une des deux Françaises finit par descendre et demande au chauffeur quand est-ce qu’il compte démarrer. Il lui répond « bientôt » mais reprend aussitôt son activité de rabatteur et son attitude nous laisse interpréter cette réponse comme un « va t’asseoir, laisse moi tranquille ». Cela fait 20 minutes que l’on attend dans ce bus et ça commence à tous nous agacer. La fille fait mine d’ouvrir le coffre pour reprendre ses bagages. Le chauffeur comprenant que nous allons tous partir change tout d’un coup d’attitude et décide enfin de se mettre au volant.

Modern Talking en fond sonore, nous voilà en route. Le chauffeur double alors que des voitures arrivent en face. Ça klaxonne de tous côtés. Des véhicules arrivent à contresens et les motos sont sur la route par milliers. Bref, c’est un véritable bordel ! Il faut le voir pour le croire. Le genre de chose que l’on peut voir à la télé sans en prendre vraiment conscience.



Nous avons réservé un lit dans l’auberge Light Hostel et notre chauffeur nous dépose à seulement quelques pas de celle-ci, face à la cathédrale Saint-Joseph de Hanoï. Construite en 1886 par les Français, il est vraiment étrange de trouver cet édifice ici.



Notre auberge a un potentiel malheureusement peu exploité. Une jolie terrasse, une grande salle de vie mais vide de tout équipement. Nos affaires déposées nous partons nous promener sur les rives du lac Hoàn Kiêm. Un lac au milieu de la ville connu aussi sous le nom du lac de l’épée en rapport à cette légende qui suit.

L’empereur Lê Lợi pêchant sur lac reçut la visite d’une tortue. Celle-ci lui apporta une épée. Une arme qu’il utilisa pendant toutes les guerres contre les envahisseurs Mings. Se promenant sur le lac en barque une fois les conflits terminés, la tortue refit son apparition pour récupérer l’épée que l’empereur victorieux lui remit.

Dans la rue des marchandes nous interceptent et tentent de nous vendre leurs confiseries ou confections. L’une d’entre elles me bloque le chemin à l’aide de son panier et me tend l’un de ses beignets « try, try, try… ». Je ne suis pas intéressé mais impossible de m’en débarrasser. Je cherche au loin Julie qui a continué sa marche. La femme insistante profite de ce moment d’inattention pour déposer son beignet dans ma main. « monney, monney ». Je viens de me faire rouler en beauté, j’ai eu bien trop de scrupule pour le laisser tomber à terre et me voilà dans l’obligation de payer pour un beignet que je ne voulais pas. La méthode ne me plait guère et me rebute.

Nous arrivons au lac Hoàn Kiêm. Ce merveilleux lac est un véritable petit coin de paradis au cœur d’Hanoï. Un lieu de vie pour les habitants de la ville qui se retrouvent autour de celui-ci pour se promener, discuter ou encore jouer au badminton.



Si les Vietnamiens ont longtemps utilisé le vélo pour se déplacer ils l’ont depuis troqué contre la moto. 98% des Vietnamiens en possèdent une. Il s’agit du moyen de transport le plus utilisé dans le pays et c’est avec celui-ci que nous souhaitons partir à la découverte du Vietnam.



Nous nous lançons à la recherche d’une moto. Nous avons une petite préférence pour la Honda Win. Une moto robuste conçue pour les longues distances, très appréciée des travellers. Et pour cause, ces petit bolides simples à réparer sont increvables. On en trouve à tous les coins de rue tout comme les mécaniciens qui connaissent ce modèle par cœur. Sur un site internet de petites annonces nous recherchons toutes les offres et envoyons quelques emails. Nous nous rendons dans une autre auberge, le Hanoï Bagpackers Hostel. Une auberge réputée des travellers et dans laquelle nous espérons trouver des gens désireux de revendre leur moto. Nous débarquons en pleine soirée d’occidentaux, rassemblés pour boire à outrance. Notre auberge nous parait tout d’un coup exceptionnelle. En revanche, un tableau d’affichage dispose de plusieurs offres de moto. Nous prenons quelques contacts avant de quitter les lieux.

Nous nous trouvons dans la vieille ville. Les rues ultra-animées, peu éclairées donnent une impression d’irréel. Les motos circulent dans tous les sens évitant les piétons qui déambulent dans les rues. Les terrasses et les trottoirs sont assaillis par les locaux et touristes venus manger ou boire un verre.



Devant un petit shop, nous nous arrêtons pour profiter de cette ambiance en buvant un verre. Installés sur le trottoir sur des petits tabourets en plastique nous contemplons le tableau de la ville. Une voix dans un mégaphone se fait entendre, c’est la police. Les boutiques libèrent les trottoirs, tout le monde s’agite pour rentrer tabourets et seaux disposés en guise de table dans la rue, sous l’œil des policiers. Les gens, quant à eux, non surpris, attendent patiemment debout. 10 minutes s’écoulent puis la voiture de police reprend sa route. Les shops réinstallent en quelques minutes tout leur barda et la vie reprend son court comme si rien ne s’était passé. Une trentaine de minutes plus tard nous assistons au même scenario. Comme un rituel, un jeu. La police passe dans les rues pour libérer les trottoirs et déloger les vendeurs illégaux sans jamais rien faire d’autre qu’acte de présence.

Nous nous levons ce matin avec toujours la même idée en tête, trouver une moto. Notre auberge a contacté pour nous un revendeur de deux roues qui passe nous chercher pour nous emmener jusqu’à son garage. Il vient nous récupérer en moto. A trois sur un scooter pour traverser Hanoï, voilà ce que l’on appelle de l’intégration. Arrivés à son garage il nous fait essayer différentes Honda Win. Elles sont plutôt en bon état mais le prix de 300$ ne nous convient guère. Nous nous sommes fixés un budget de 250$ mais l’homme ne veut rien entendre. Il nous fait des ristournes sur la moto mais augmente le prix des accessoires ce qui revient toujours au même. Nous finissons par abandonner et quitter le garage.

Une personne contactée sur le site http://tnhvietnam.xemzi.com nous a répondu et nous avons rendez-vous avec elle pour une Honda Win à 230$. Nous rejoignons cette bagpackeuse Australienne qui réside juste à côté de notre auberge. Nous sommes samedi, il est 14h et le trafic est surchargé. C’est pourtant dans ces conditions que je me retrouve à essayer la moto. Le trafic dense ne me permet pas de passer plus de deux vitesses sur quatre. La moto est dynamique et bien qu’en mauvais état esthétique nous faisons confiance à cette voyageuse qui nous dit n’avoir eu aucun soucis. Elle finit par descendre le prix à 200$ avec 2 casques. C’est pour nous une aubaine, ce vieux modèle est exactement celui que l’on espérait trouver et dans notre budget. Adjugé vendu, nous voici en procession de notre nouvelle amie « Blacky ».

Commentaires : 1

phil

26/08/2016

ça y est je sais d'où vient Blacky ! pas chère ! vous savez pas à ce moment là tout ce qu'elle va vous faire faire pour apprendre la mécanique ! l'australienne devait être contente aussi ; je crois que j'adorerais l'ambiance de cette ville et ses bistrots tout en évitant la cathédrale ... quand on voit les débats actuels ici, ça fait relativiser !

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